Les vacances estivales démarrent et l’on nous annonce déjà des luttes sociales et syndicales d’importance à la rentrée… Ce refrain revient chaque année comme une ranguenne qui se suffit à elle-même !
Dans le contexte actuel de crise sans précédent depuis 80 ans, la lutte syndicale devrait être plus importante que jamais, mais rien ne se passe ! Des milliers d’emplois sont détruits chaque jour et ni les politiques, ni les syndicats ne semblent prêt à régler la question de manière concrète. Combien d’usine fermeront à la rentrée ? Combien ne reprendront pas une activité pleine à l’issue des vacances estivales ? Combien de patrons voyous profiteront de cette pause pour délocaliser ?
Dans un courrier du syndicats CGT Goodyear adressé à Bernard Thibaut, secrétaire Général de la CGT, les représentants syndicaux, qui portent la base syndicale se plaignent que cette crise financière est un l’heure, la qualifiant même de « catastrophe voulue et mise en place par un gouvernement et des patrons qui ne connaissent aucune limite et pour autant la réaction de la CGT est plus que timide, elle est inexistante !»
Des milliers de salariés en France attendent un appel à une grève générale et totale qui ne vient pas, les manifestations encadrées dont les parcours sont connus de tous ne servent plus à rien, si ce n’est à montrer qu’il existe encore un mouvement syndical dans notre pays… Le gouvernement actuel, le patronat et le Medef méprisent le monde du travail avec une puissance sans précédent. Il y a aujourd’hui en France des milliers de personnes qui luttent et qui crèvent, et qui n’attendent qu’une seule chose, qu’un appel puisse tous nous unir sur le même combat.
Nous n’avons jamais connu une telle régression sociale dans notre pays et tout le monde est touché, actifs du privé comme du public, privés d’emploi à temps partiel comme à temps plein, retraités, étudiants et lycéens… Nous sommes dans un pays où des retraités pour se nourrir, font les poubelles après avoir travaillé 40 ans aux pièces pour les patrons, qui eux sont en retraite à 50 ans au bord d’un yachts coûtant des millions d’euros, se dorant la pilule au soleil avec leur parachute doré de plusieurs millions, résultat de milliers d’emplois supprimés !
Cela n’est plus possible, il faut que l’on bouge tant qu’il en est encore temps, tant qu’il nous reste encore un semblant de « code du travail », de droits pour les salariés, de protections salarial…
Ce n’est pas quand le contrat unique (calque du CNE) et que le droit du travail sera tiré vers le bas pour correspondre à la moyenne Européenne, voire mondiale, qu’il faudra bouger ! Il sera trop tard !
Nous sommes tous en train de crever dans notre coin, alors que tous ensemble nous aurions déjà gagné ! Il faut arrêter l’hypocrisie, en 1936 les salariés ont obtenu des avancées sociales énormes, mais ils les ont obtenues en luttant tous ensemble, au même moment et pendant un long moment… En ce moment, les salariés luttent pour ne pas perdre leurs emplois où les acquis de 1936, ils ne se battent plus pour de nouveaux droits, mais simplement pour avoir le droit de vivre décemment ! Si ils l’on fait, nous pouvons le faire !
Le gouvernement revenant à la charge en allongeant les durées de cotisations, aggravant le « trou de la sécu » par de nouvelles exonérations de « charges patronales » (qui en réalité sont à juste titre les financements de la solidarité nationales, car sans cotisations, pas de protection sociale, pas de sécu, pas de retraite, pas de chômage… Où est donc la charge ?)., bref, ils ont déclarés la guerre au monde du travail !
Que font les syndicats en réponse ? Ils ne luttent même pas contre la réforme syndicale prévue en 2010, qui non seulement les affaiblira, mais verra disparaître des syndicats. Ils ne défendent même plus leurs camarades qui se font passer à tabac par les CRS, où alors mis en examen par le patronat et ce gouvernement qui ont décidé ensemble de criminaliser la lutte syndicale, alors que ces derniers ne faisaient que défendre leurs droits, où leurs emplois !
Tout ceci fini par écoeurer les nouvelles générations qui ne voient plus dans la lutte syndicale le moyen de peser sur le patronat et défendre les droits des salariés, un syndicat en somme vieillissant qui ne renouvelle pas ces militants et ses cadres, une force syndicale en perte de vitesse face à un gouvernement et un patronat plus décidé que jamais à détruire le moindre gain obtenu par le passé !
Au final je pourrais dire que le courrier des camarades de la CGT Goodyear est un îlot d’espoir de changement dans une mer de stagnation, il prouve que la base syndicale n’est pas prête à s’en laisser compter encore longtemps. Si les dirigeants – enfermés dans leurs bureaux hermétiques, loin des luttes de terrain – ne bougent pas, la base est apparemment prête à en changer dans une volonté réelle d’unification du mouvement !
Yohan Drian
Le 8 Juillet 2009

Photo : Franck Dubray