Du fond de l'affaire de la viande de cheval

Publié le par Yohan DRIAN

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Voici une affaire qui fait couler beaucoup d'encre mais qui n'est pas bien nouvelle. Alors que ce soit une arnaque volontaire (le cours de la viande de cheval étant plus bas que celui du boeuf) où une maladresse dans l'étiquetage, l'affaire repose sur le manque de maîtrise d'un système économique ignoré du grand public mais pas des responsables politiques et économiques !

Car au fond qui peut penser que l'on peut garantir la qualité et la traçabilité à chaque étape dans des produits dont la seule raison d'exister et la course au bas coup ?


Du courage d'un industriel !

On a tendance à l'oublier, mais quel courage de la part de "Findus" d'avoir lancé des test ADN sur ces produits pour vérifier à grande échelle une incompatibilité des produits avec l'étiquetage et la réalité ! Quel courage d'avoir eux mêmes informé les autorités de cette supercherie et d'avoir retiré immédiatement les produits incriminés des rayons !


Un problème de traçabilité, mais pas seulement

Le problème est plus large que cela au fond, car au delà de cette affaire de lasagnes, c'est tout un système économique qui manque clairement de traçabilité. Le système incriminé : les produits surgelés. Et en la matière, peu de marques garantissent le "Made in France" à l'exemple de "Fleury Michon" qui à fait une pub sur ces choux fleurs Français en déclarant préféré la qualité que de gagner 4% de marge grâce à des choux fleurs chinois ! Mais quand on regarde les équivalents distributeurs (qui répètent à foison copier les produits des grandes marques) on ne constate aucune indication géographique, comme j'ai pu le vérifier sur mon sachet de choux fleur ou de pommes noisette de marque "Cora".

Après tout n'a t-on pas une loi qui garanti la traçabilité sur les produits frais que l'on trouve chez notre boucher ou notre maraîcher ? Et quand on passe aux produits surgelés... Plus rien !

 

Le moment est venu du "Made in France" et du "Made in Europe"

Il est des temps où de grandes décisions s'imposent. C'est l'un de ceux-ci qui s'ouvre aujourd'hui. Ce scandale démontre les failles de ce système en entier, dont l'écho pour une fois à pris une ampleur européenne ! C'est tout notre système d'hyperconsommation qui est fragilisé et qui demande des choix politiques fort, non seulement pour des questions de sécurité alimentaires et sanitaires, mais aussi par besoin de régler des problèmes gardés trop longtemps sous silence !

Comme François Bayrou l'a porté avec le Projet Humaniste lors de la Présidentielle de 2012 (on ne peut pas dire que l'on était pas prévenu!) : "Il nous faut apprendre à consommer autrement. [...] Pour autant, la décroissance n'est pas une solution. Il convient de mettre en place une croissance qualitative qui favorise les conditions de vie. [...] La consommation équitable qui rémunère correctement les agriculteurs, les artisans et les petits producteurs, doit être fortement encouragée. En réconciliant le producteur et le consommateur, en faisant en sorte que leurs intérêts soient complémentaires et non pas concurrents, elle humanise la satisfaction de nos besoins et l'économie de la vie quotidienne."

Avons-nous déjà oublié la proposition de l'étiquetage du pourcentage du "Made in France" ? Après tout ne reproche t-on pas aujourd'hui le fait que lorsqu'un produit est transformé sur le territoire national, il prend la nationalité Française, même quand la base du produit est importé. Alors oui il est temps que la traçabilité sur les produits frais soit imposée sur l'ensemble de la filière alimentaire.

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