Nicolas Sarkozy affirme ce que j'ai dénoncé depuis le début

Publié le par Yohan DRIAN

Figaro-Magazine.jpegBonjour à toutes et tous, aujourd'hui je vais faire le bilan de la lecture très instructive de l'interview de Nicolas sarkozy paru dans le "Figaro Magazine" du 11 Février 2012 (oui j'ai acheté le Figaro à cette occasion...).


C'est l'un de rares extraits avant publication.

On le savait depuis un moment, Nicolas Sarkozy est opposé au "mariage homosexuel" (et il est vrai que sous ces mêmes termes, j'y suis opposé également, car j'ai toujours dénoncé les contrats communautaires spécifiques et demandé le seul mariage civil ouvert à tous les couples) et il précise que c'est justement parce qu'il est opposé à l'adoption pour les homosexuels, qu'il dit non au mariage civil, c'est justement cette "hypocrisie autour du mariage" que je dénonçait en page 3 du document édité en juin 2008 "Non au pacte d'Union Civil", en ces termes "Ce n'est pas l'égalité des droits qui gêne en réalité, le seul fait que la révision du code civil pour permettre le mariage à la mairie, de couples de mêmes sexes, traîne, c'est seulement pour interdire la filiation. D'où cette parade avec le projet de Pacte d'union civile."


Les contrats communautaires sont incontitutionnels

Comme je l'exigeais à l'époque dans ce même document par "Le retrait de ce projet de loi, ce contrat communautaire qui nous enfermerait dans un ghetto juridique, pour des avantages fiscaux, et nous discriminerait sur les aspects filiation et droit de la famille. Le tout étant de préserver « une fausse idée d’institution religieuse autour du mariage à la mairie ».", c'est justement ce que confirme Nicolas Sarkozy lui-même dans cette interview "Nous ne l'avons pas mis en oeuvre parce que nous nous sommes rendus compte qu'il était inconstitutionnel de réserver ce contrat aux seuls homosexuels. Ce contrat aurait porté atteinte à l'institution du mariage."


Une réponse qui fait suite à une mobilisation forte d'Alter Égaux sous ma Présidence

Il aura fallut une question au gouvernement posée le 1er Mars 2009 par Messieurs les députés Christian Eckert, Hervé Féron et Jean-Yves Le Déaut, publiée au JO le 31 Mars 2009 et avec réponse du gouvernement le 30 Octobre 2009, pour que soit pris en compte de l'enfermement communautariste de ce projet de loi et pour que le gouvernement prenne conscience par "La perspective d'introduire dans notre droit, un pacte d'union civile a fait l'objet d'un accueil réservé, voire très critique, de la part de nombreuses associations."... Nombreuses ??? c'est vite dit ! Ni SOS homophobie, ni la fédération LGBT, ni aucune association n'a soutenu la campagne que nous avons été les seuls à porter ! Mais bon retenons le fait que le gouvernement considère que mon action vaut valeur de l'ensemble des associations pour se faire plaisir. Non je plaisante, il faut juste retenir qu'on à pas besoin d'être des milliers pour réussir à s'opposer si cette opposition est bien construite, sur un argumentaire solide et réfléchi.


En tous cas le chef de l'état ignore volontairement l'état laïque des choix d'état.

C'est le dernier point de mon opposition à Nicolas Sarkozy sur cette question de société, et la seule qu'il ne semble ne pas encore avoir prise en compte, "Même si cela est étranger au Code civil, la dénomination « Mariage » conserve une certaine connotation religieuse dans l’esprit d’une partie de nos concitoyens, il est comme un sacrement religieux doté d’une forte charge symbolique et qu’il faut préserver en tant que tel, discriminant en se reposant sur des valeurs passéistes et anti-laïques". 

Alors je lui rappellerai simplement que l'état laïque fait des choix laïques, comme le disait Victor Hugo "L'état chez lui, l'Église chez elle", donc l'état doit garantir l'égalité des droits stricte, même si cela implique de réformer le code civil sur la question du mariage (mot au demeurant par définition religieux), quitte à revenir au bon vieux "contrat d'union existant sous les 2 premières Républiques", le mariage étant inscrit depuis le code civil de Napoléon Bonaparte, terme religieux conservé depuis lors !

Alors pourquoi ne pas poser la question, une fois pour toute, de rendre le terme "mariage" aux Églises et de parler "d'unions civiles" au sein de la République. Si les conservateurs de tous bord tiennent à ce point à ce nom, ce n'est pas à la République de rester dans le conservatisme pour une question de choix de mots, son objectif est de garantir les mêmes droits et devoirs à l'ensemble des citoyens. Si il faut en passer par là pour garantir le respect de la décision laïque en haut lieu de  L'état et garantir l'égalité des droits, pourquoi pas, le débat est ouvert, et il est sein de penser les sujets de société en profondeur si l'on veut réformer durablement et dignement notre République.

Publié dans Electron Libre

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