La lutte des classe moyenne, un sujet qui méritait bien un bon livre

Publié le par Yohan DRIAN

http://www.droitesociale.fr/_fichiers/actualites/1326707834_La-Lutte-des-Classes-Moyennes.JPGBonjour à toutes et tous, aujourd'hui je vais faire le compte rendu de ma lecture du livre "La lutte des classes moyennes" de laurent Wauquiez.


Sur quoi repose le livre ?

Le premier bilan de Laurent Wauquiez, c'est qu'aucune politique publique forte n'est engagée au bénéfice des classes moyenne. Le constat est simple, depuis l'apogée du bon niveau de vie de ces dernières années, pendant "les trente glorieuses", le pouvoir d'achat des classes moyennes n'a cessé de ce dégrader et qu'aucune politique n'a été menée à leur destination, renforçant de fait la peur du déclassement.

Le débat public et le discours social oubliant "ceux qui font tourner la République" en supportant l'essentiel de la charge sociale, préférant concentrer le débat au bénéfice des plus démunis et contre les plus aisés, alors que les classes moyennes ne demandent qu'à assumer leur rôle de générosité à la seule condition de ne pas être les seuls à porter le fardeau et avoir le certitude que la charge est équitablement répartie.


Le Mal Français.

En France s'occuper des classes moyennes n'est pas populaire. Nous considérons tous que "faire du social" consiste à s'occuper uniquement des plus démunis, hors cela devrait aussi impliquer de veiller à la place des classes moyennes, car elles sont le moteur du socle de "notre modèle Français, cette conciliation équilibrée entre le social et l'économique qui fait la force de notre pacte républicain". [Page 9]

Depuis Pompidou, rien ! C'est pourquoi il nous faut revoir notre vision de la République, car si l'approche actuelle du social avait lieu d'être au XIX° Siècle quand il fallait forger l'unité nationale républicaine. Elle est aujourd'hui en profond décalage avec les évolution de notre siècle. Cette analyse portée par Laurent Wauquiez rejoins en un sens un autre débat qui consiste à se poser la question de ce que veux dire être citoyen Français dans le monde globalisé d'aujourd'hui. Quels sont les enjeux et perspectives, de défense, d'adaptation de modernisation et d'adaptation du modèle français dans le monde d'aujourd'hui. Le livre le Laurent Wauquiez pose la même question en l'axant sur la réforme nécessaire du pacte de solidarité nationale.

C'est en un sens au travers d'une reprise de conscience de toute la place qui revient aux classes moyennes dans le débat public que nous pourrons rendre à notre pays toute sa place d'égalité et d'exemplarité d'un pacte social renouvelé. Laurent Wauquiez propose de mettre un terme à ce tabou français qu'est l'évocation du quotidien de "deux Français sur trois" comme le publiait si justement Valérie Giscard d'Estain aux éditions compagnie 12 en 1984.


Sur quels chiffres se basent-on ?

Avec un salaire médian à 1650€/mois et une classe moyenne comprise entre 1500 et 5000€/mois, il existe une classe moyenne basse (1500 à 1800) qui est victime de la hausse des coût de la vie, du risque de déclassement et de la politique sociale par seuils déterminés et inflexibles. Cette part de la population c'est celle qui s'insurge du fait que reprendre un travail quand on est au chômage nous fait perdre un monceau d'aides sociales qui permettent de vivre mieux avec l'aide du contrat social qu'en travaillant, les salaires restant bloqués au plus bas. Pour eux pas d'aides au logement, pas de bourses étudiantes, pas d'aide au transport, alors que c'est aides, même partielles et dégressifs selon le niveau de salaire n'auraient rien de superflu.

Dans mon cas personnel, j'avais été embauché à 1,2x le SMIC, 7 ans après j'étais au SMIC. Quand j'ai demandé et obtenu une hausse de salaire de 50€/mois, j'ai perdu 250€ d'aide au logement. est-ce juste ? L'administration n'aurait-elle pas dû avoir un système qui prend compte de la hausse de salaire et la déduit des aides sociale afin d'aider à maintenir le niveau de vie ? C'est un exemple parmi tant d'autres de l'absurdité de l'administration qui pousse les classes moyennes à la peur du déclassement. Cette administration, en l'état actuel, est une machine à briser les classes moyennes. Il suffit bien souvent d'une maigre augmentation d'impôts, d'un emprunt trop lourd, d'un impayé pour être aussitôt dégradé et surendetté.

Cette inégalité de traitement par cette politique sociale au seul bénéfice des plus démunis est profondement injuste.


De quoi se plaignent les classes moyennes ?

Les classes moyennes, ce sont ceux qui une fois les factures payées, ont une marge théorique pour un restaurant, une ou deux semaines de vacances par an, un peu de déco pour la maison. Alors soit, beaucoup de français n'ont pas cette chance, d'où le rejet dans le débat public d'aborder la vie et les difficultés des classes moyennes (quelle audace de parler de ceux qui peuvent se payer du bon temps, quand tant d'autres ni parviennent même pas !), mais "elles sont la pierre angulaire de notre pays et leur crainte de déclassement déstabilise l'équilibre de la société. Car pouvoir s'offrir un peu de luxe de temps à autre, épargner un peu chaque mois sont des ressorts de confiance essentiels. Cela permet de vivre sans avoir de couteau sous la gorge et d'aborder l'avenir avec sérénité". [Pages 24-25]

La réalité est plus difficile qu'il n'y paraît. 1 Français sur 2 des classes moyennes ne part pas en vacances, 30% ont du aller jusqu'à réduire leurs dépenses de loisirs, 1/3 n'a même pas les moyens d'aller au cinéma, 50% n'ont pas internet à la maison et 40 % ne disposent même plus de livret d'épargne (Enquête : "Conditions de vie et les aspirations des Français" - Centre de recherche pour l'étude et l'observation des conditions de vie - Paris - Crédes 2008). [Page 27]

La hausse des coûts de la vie étant concentrée sur les produits consommés le plus fréquement et par nécessité (gaz, électricité, eau, essence, alimentation...), le seul objet du scandale que subissent les classes moyennes est de vivre cette injustice qui est qu'elle ne profite pas des richesses qu'elle créé par son travail (à qui profite tout cet argent ? ça il ne faut pas en parler), le tout savament ignoré au travers d'une politique à seule destination unique des plus démunis car ça c'est populaire. Tout est fait pour considérer qu'entre ces deux extrêms, aucun problème n'existe. Hors il y en a ! "Rattrapés par le bas, distancées par le haut, les classes moyennes sont les seules à faire les frais depuis vingt ans des évolutions de la société française. ce pui me choque le plus, c'est que le scandale se déroule sans bruit, sans que cela ne semble troubler qui que ce soit". [Page 30]


Les solutions proposées.

Laurent Wauquiez propose de mettre la priorité sur 4 axes :

  • Le logement (poste principal des dépenses) - Chapitre 2 - pages 46 à 66
  • Le travail (sans lequel les classes moyennes ne peuvent subvenir à leurs besoins, à faire des économies et payer la solidarité envers leurs enfants et/ou anciens à charge) - Chapitre 3 - pages 67 à 114
  • Le partage de la richesse nationale (au travers de mesures en faveur de la hausse des salaires, primes, heures supplémentaires... au lieu de concentrer les mesures sur la hausse du SMIC) - Chapitre 4 - pages 115 à 142
  • L'ascensur social (en incluant les classes moyennes basses dans les aides étudiantes, bourses, aides au logement, aides au transport, au travers d'un système dégréssif et en supprimant les seuils) - Chapitre 5 - pages 143 à 180

Au delà de ces axes de travail, il propose de renouveler le contrat social dans son ensemble, au travers de la volonté de retrouver une morale Républicaine reposant sur 3 points : la responsabilisation, le réciprocité et l'engagement. [Page 195] Car ce pacte est rompu depuis longtemps car chacun se plains de recevoir une amende de stationnement quand son voisin à fait sauter une amende reçu par un radar de vitesse, on se plains d'une prix de l'essence excessif quand on connais des jeunes de quartier sans emploi qui roulent en BMW, on se plains d'être au SMIC, quand d'autres vivent richement des traffics de drogue... Bref on entre dans une société de la jalousie et de l'envie en dénonçant les grandes infractions des autres pour minimiser et mieux justifier nos petites infractions. La lutte aux fraudes doivent être remforcées à tous les niveaux, aussi bien minimes aux fraudes sociales que massives par l'exil fiscal. Ainsi le pacte social sera renouvelé, juste et équitable. Il sera mieux accepté dans sa charge par des classes moyennes oubliées du débat, mais cela implique de moraliser ce dernier et faisant prendre conscience que toutes fraudes, qu'elle qu'en soit le montant, doit être punie sévèrement !

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