L’existentialisme est un humanisme de Jean Paul Sartre

Publié le par Yohan DRIAN

Cet ouvrage pour le restituer dans le cadre de l’époque est l’impression d’une conférence, donnée à Paris le 29 Octobre 1945, initialement intitulée : « l’existentialisme est-il un humanisme ? ». On note que de la question on passe à une affirmation sans pour autant en changer le contenu. Il faut préciser qu’elle a été donnée dans le cadre d’une volonté de défendre les deux premiers tomes des « chemins de la liberté » qui venaient d’être publiés, et qui au-delà du succès littéraire étaient aussi l’objet d’un scandale, d’où la volonté de l’auteur de convaincre de l’humanisme de sa doctrine existentialiste.

Pour ce qui est du contenu, la théorie de l’existentialisme repose essentiellement sur le fait que l’existence précède l’essence. En d’autres termes que le simple fait d’exister précède toute existence ultérieure. Cette théorie affirme que Dieu n’existe pas et renvoi l’Homme à lui-même et à l’angoisse qu’engendre le fait de faire des choix, l’acte individuel engageant toute l’humanité, car rien ne peut être bon pour nous sans l’être pour tous. L’homme étant libre en étant responsable de tout ce qu’il fait.

Pour justifier l’angoisse du choix, il mettra en avant le choix d’un jeune homme à s’engager ou non à partir à la guerre en sachant qu’il laisserait sa mère seule. Rappelons au passage que quand cet étudiant vient demander conseil à Sartre qui savait déjà pertinemment le choix qu’allait faire le jeune homme. L’angoisse n’empêche pas d’agir, au contraire c’est la condition même de l’action ; car cela suppose que l’on envisage une pluralité de possibilités, et lorsque l’on choisit, on se rend compte qu’elle n’a de valeur que parce qu’elle est choisie.

Face aux critiques d’attentisme reprochées par les communistes et de pessimisme dénoncé par les chrétiens ; Sartre opposera que l’existentialisme définit l’homme par l’action et que cette théorie est optimiste puisque le destin de l’homme est en lui-même. Appel au choix et à l’action, l’existentialisme rappel que le choix est possible dans un sens, mais qu’il n’est pas possible de ne pas choisir, car cela revient à faire un choix. L’homme choisit sa morale et se choisit par rapport aux autres, rien ne pouvant le sauver de lui-même à part lui-même.

Même si l’on peut se reconnaître en tant qu’agnostique ou athée dans ce choix que l’on fait qui nous expose à notre propre obligation de choix sans se référer à quelque puissance supérieure que ce soit ; Même si en tant que militant on ne peut que considérer que faire un choix est une obligation morale ; On ne peut que rester dubitatif sur l’humanisme qu’incarnerait l’existentialisme, dans le sens où il est étriqué, ne se définissant que par l’emprisonnement de la raison dans la seule subjectivité humaine. Mais là ou le bât blesse, c’est que l’homme n’est par toujours subjectif comme chacun sait, car comme Sartre l’affirme lui-même dans sa rhétorique, l’homme est libre de lui-même en inscrivant son choix par lui-même et par rapport aux autres ; Ce qui ce complique quand on sait que dans notre société individualisé le choix personnel est avant tout égoïste, ce qui est bien loin de l’affirmation de la nécessité de collectivisation défendue par l’auteur qui cherchait avant tout à affirmer son soutien plein et entier au mouvement communiste. De fait sa doctrine est totalement détachée de toute indépendance politique ce qui là rend caduque.

Pour conclure, je compléterai cette critique par la reconnaissance que l’existentialisme ramène l’homme à son obligation de choix sur terre ; Et qu’il est un forme d’humanisme dans le sens où il est porté par une réflexion athéiste qui impose le choix de l’homme, par l’homme et pour l’homme, dans une tentative d’intérêt commun supposé ; Ce qui se faisant ramène l’homme à lui-même avant tout, ce qui est en soit la base même de l’humanisme. Il n’en compose cependant qu’une partie minoritaire, et certainement pas une refondation d’un réel humanisme comme Sartre l’affirme dans sa critique d’un humanisme classique qu’il dénonce comme absurde, l’homme ne pouvant porter un jugement sur l’homme, selon lui ; Mais si cette affirmation était vraie, cela reviendrait à dire que la société humaine est incapable d’autocritique et d’évolution dans l’intérêt général, ce qui non seulement est faux, mais en prime démonte la théorie de nécessité de collectivisation de l’action qu’il veut défendre en affirmant son rapprochement politique au mouvement communiste.

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Clovis Simard 10/10/2012 00:24


Voir mon blog(fermaton.over-blog.com)No.9- THÉORÈME SARTRE. - La liberté proposée ?