2012 état d'urgence : un plaidoyer pour penser l'avenir.

Publié le par Yohan DRIAN

http://multimedia.fnac.com/multimedia/FR/images_produits/FR/Fnac.com/ZoomPE/6/1/6/9782259216616.jpgCela fesait un moment que je l'avais évoqué, c'est maintenant chose faite... j'ai fini la lecture de " état d'urgence" de François Bayrou (bon ok j'ai pris mon temps et pas mal de notes).


Loin d'être le programme de du MODEM, il n'en demeure pas moins un plaidoyer qui nous invite à penser l'avenir et qui pose les priorités sous deux axes forts "produire en France" et "remettre l'école sur les rails".


Face à la démondialisation il propose de gagner la bataille

Imposer les même règles et normes de productions (notamment aux travers des questions environnementales : utilisation des phytosanitaires interdit dans l'agriculture en Union Européenne, quand on en retrouve plein dans les fruits et légumes importés d'Amérique du Sud). Laisser faire cela est déloyal et injuste. François Bayrou milite donc pour une mondialisation loyale.


Made in France

Pour ce qui est de l'urgence de production, il porte l'analyse juste que le débat économique n'est plus le même et qu'il ne doit plus reposer entre ceux qui veulent donner plus ou moins, ceux qui veulent prélever plus ou moins, car ce sont des débats de temps de prospérité. Tous les sujets d'avenir étant dépendant de la production. Il tiens compte des besoins de produire mieux en tenant compte d'un développement durable et d'une production éco-responsable, mais tiens compte également d'une réalité simple : la possibilité de le faire. Un pays peut accepter de payer son énergie issue de l'énergie renouvelable, de payer plus cher quand il est prospère. Un pays comme le nôtre, en hémorragie économique ne le peut pas. Au demeurant, la France ne manque pas d'atouts et aspire au fil de son histoire à l'Universalité, et c'est dans cette force humaniste qu'il propose de faire porter le redressement économique et productiviste de notre pays. Comme l'a fait l'Allemagne en 2003 avec son agenda 2010 pour redresser une situation économique chaotique à l'époque, François Bayrou propose un agenda 2020 pour la France. Il reposerait sur la création d'un label "fabriqué en France" sur le modèle du label "agriculture bio" ou encore "commerce équitable" qui tiendrait compte de l'ensemble de la chaîne de production du produit (matière première, composants importés, assemblage, commercialisation du produit...). Tout autant de critères qui donneront une idée du taux de production en France mis sous forme de pourcentage. Ce label n'oblige don à rien, il informerait en toute transparence le consommateur, qui deviendrait ainsi acteur de la politique d'emploi en France, de payer plus pour dégager des fonds supplémentaire pour la sécu, les retraites, en choisissant un produit français plutôt d'un produit importé. ce label encouragerait aussi les marques à relocaliser face à une politique industrielle force de reconnaissance et de soutien du savoir-faire Français, gage de qualité. Comme il le dit si bien dans la conclusion, la France est (page 156): Un "Grand pays, magnifiquement équipé, de haut niveau scientifique et technique, avec de grandes entreprises familières du processus industriels les plus modernes, de qualité la plus haute, plein de jeunes, il ne nous manque rien pour que le combat du produit en France soit gagné en quelques années. Grans pays scientifique et grand pays universitaire, pays qui a aimé l'école plus qu'aucun autre, il ne nous manque rien pour en retrouver, en peu d'années, l'efficacité et la fierté. Faudra-t-il faire des efforts ? Il en faudra."


L'audace de l'esprit d'entreprise

François Bayrou propose d'encourager l'audace et l'esprit d'entreprise en rénovant les rapports entre les Universités et l'Entreprise ; en facilitant la création d'Entreprise ; en encourageant les PME et les PMI par une refonte de la fiscalité qui est surtout avantageuse au CAC 40 ; de modifier considérablement le temps parlementaire en ajoutant une étude d'impact social et économique des lois proposées ; car le pays ne devrait pas être au service du pouvoir politique et administratif, mais que cela devrait être l'inverse (fiscalité progressive, administratif simplifié, lois réformées en un bloc plus compact en incluant une refonte de la multiplication des textes de ses dernières décennies sur un même sujet, en un texte de loi unique...).


Du déficit et de la crise de l'euro

Pour ce qui est du déficit (pages 105 à 107) et afin de garantir la continuité du service public et du paiement des fonctionnaires en ramenant le déficit primaire à l'équilibre (c'est à dire le déficit hors charges de la dette) pour ne pas creuser d'avantage la dette, il propose de supprimer 100 milliards du budget pour les mettre exclusivement au remboursement de la dette sur les 140 milliards actuels (car le poids de la dette nous coûte tout de même 40 milliards d'intérêts). Il propose  de trouver 40 milliards de recettes supplémentaires (20 de suppression de niche fiscale + 20 au travers d'une hausse de TVA de 2 point environ nous mettant en 21 et 22% - soit entre la Belgique, l'Irlande, le Portugal et la Finlande et la Pologne, nous mettant de fait à la moyenne européenne de TVA soit 21.4%), auxquels il ajouterait 5 milliards (par la création de 2 nouvelles tranches d'imposition sur le revenu à 45 et 50%) et 15 milliards au travers d'une réforme globale des budgets sociaux. Pour compléter c'est 20 milliards de baisse de train de vie de l'état et les 20 milliards restant étant trouvés au travers d'une politique ambitieuse pour l'emploi et la production en France. Résultat, en 15 à 20 ans la dette est annulée.

Pour ce qui est de la crise de l'Euro (qui débutait au moement de la sortie du livre), il préconise dès Août 2011 ce qui sera finalement décider ausommet Européen de Novembre, en préconisant la création du fond monétaire Européen, afin de prêter à faible taux aux états les plus en difficulté. cela aurait évité la crise de l'Euro et la crise de confiance des marchés et des agences de notations si les décisions avaient été prises plus tôt.


Pour une éducation revenant aux fondamentaux

François Bayrou, ancien enseignant et ancien ministre de l'Education veut réformer en profondeur l'école avec des objectifs simples qui feront sans nul doute consensus.

Pour les enseignants il veut en finir avec la politique chiffrée de résultats pour revenir à une école qui évite les années gâchées pour les élèves et la démoralisation d'un corps enseignant infantilisé et insulté qui ne parvient plus à transmettre leur savoir, tout en mettant fin au non remplacement aveugle d'un prof sur deux.

Pour les parents, il veut une école qui enseigne les bases de lecture, d'écriture et de calcul, d'une histoire et d'un culture commune partagée dans le calme et la discipline, écartant de fait violences et trafics en tous genres.

Pour les éleèves il veut réenchater une école qui redonnerait envie de croire en elle en garantissant à ceux qui travaillent bien de pouvoir gravir les échelons, être soutenus et accompagnés tout au long de la scolarité, afin de réussir son accomplissement personnel, familial et national au travers d'une école ancrée dans le réel.

Une école qui garanti un emploi et retrouverait ainsi l'estime des familles qui soutiennent leur chers bambins perturbateurs contre les profs par cause de méfiance envers l'éducation nationale qui ne rempli plus ses missions. Les enseignants doivent retrouver l'amour du métier et la motivation nécessaire au travers de la réussite de leurs élèves, le respect des parents et le soutien de leur hiérarchie.

Il veut en finir avec l'allongement permanent du nombre d'années d'études pour arriver au même  métier, car plus n'est en aucun cas garant de lieux, l'enseignement supérieur est devenu ni plus ni moins, qu'une solution "d'études de parking" et (page 118) des diplômes "sans garanti" qu'offre le système actuel. D'où ce camouflage par plus d'études pour un métier, comme je l'ai déjà dénoncé au travers d'un article rappelant qu'au lieu d'un CAP dessinateur bâtiment, on est arrivé à un BTS pour devenir collaborateur d'architecte, alors que les salaires à la clé sont passé de 1500 € à 1200 € en 10 ans.

Comme il le dit si bien (page 126) "ce n'est pas la peine d'aller faire la guerre pour mettre de l'ordre en Afghanistan et en Libye si nous sommes incapables d'assumer l'ordre et le calme en classe de sixième."


En conclusion

A la lecture de ce livre, j'avais l'impression de relire nombre de mes articles et interventions dans de nombreux débats sur les sujets qu'aborde cet ouvrage. Je vous le recommande chaudement.

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epommet 04/01/2012 10:15


Mon cher Yohan


En bref car on ne va pas transformer ton blog en forum des Centres, de toutes façons situer le PRG au centre gauche (comme le MODEM qui lui est clairement à droite) est pour moi une hérésie,
notre histoire et nos valeurs nous placent véritablement à gauche.  Je ne voullais pas te froisser en postant ce commentaire, je voulais juste faire remarquer que quand nous avançons des
idées on est "ringards" "décalés" .... et quand elles sont médiatiquement reprisent par d'autres elles deviennent soudain très intéressantes. Je partage avec toi la conviction que notre direction
porte là une vrai responsabilité. Mais aujourd'hui on est à l'aube d'une année des plus importante et qu'il faut faire preuve d'efficacité et de pragmatisme politique, nous sommes clairement
engagés derrière Hollande, alors ne nous dispersons pas et ça c'est bien une caractéristique radicale qui ne doit rien à notre direction.


Amitiés Radicales


Et encore une fois désolé si je t'ai froissé,  je trouve par ailleurs que tu fais un super boulot sur ton blog ...Continue.

Yohan DRIAN 04/01/2012 11:23



Cher Eric,


Je situe le MODEM au centre gauche car c'est lui même et l'ensemble de la masse médiatique qui l'y place... Après je reconnais volontier qu'il est bien plus à droite que le PRG. Mais comme j'aime
à le rappeler, je lis de tout sans vraiment me préoccuper du placement politique de l'ouvrage. Je ne suis pas froissé, je pose juste ma volonté de porter une analyse la plus large possible en
m'intéressant à tout (je suis très curieux). Après que le parti ai fait le choix de soutenir Hollande est une chose, et en bon militant j'ai porté la campagne entre les deux tours de la primaire,
mais tant que le programme n'est pas arrêté, connu et publié, je préfère prendre du recul et attendre pour voir... On verra bien si le programme (prétendu) commun est à la hauteur des espérences
et s'il tiens compte des propositions du PRG et s'il ne s'arrête pas un une vision uniquement socialiste. Je porterais mon analyse en toute transparence et avec le recul nécessaire en temps et en
heure.



Eric Pommet 03/01/2012 12:48


Si il faut lire Bayrou pour se faire une idée de comment penser l'avenir  ???


Comme d'habitude il semble que l'on soit venu chercher chez les Radicaux les bons ingrédients et qu'on les mette à la sauce "démocrate chrétien", sauf que le résultat n'est pas toujours digeste.


Je crains beaucoup que l'on situe les radicaux dans un espèce de centre qui irait des Valoisiens au Modem, une sorte de passerelle tiède du bon sens et de la juste mesure, et qui nous ferai
adopter des postures qui n'auraient que l'aspect Canada Dry de nos idées.


Affirmons nous dans nos spécifités et arrêtons de regarder ailleurs..


 


 

Yohan DRIAN 04/01/2012 09:48



Cher Eric,


Oui j'affirme ce que j'ai écris, François Bayrou à au moins la justesse de poser les questions de fond dans cet ouvrage, bien loin des livres d'autres candidats qui sont clairement enfermés dans
une vision idéologique des choses et qui leur fait poser une analyse hors sol. On peut détester les démocrates chrétiens, mais c'est là un autre sujet... Pour avoir lu nombre de livre de
candidats ces derniers temps je trouve à la lecture que ce livre de François Bayrou est juste dans son analyse et dans sa volonté de poser la question constante de la recherche de l'essentiel et
du nécessaire dans les débats et choix politiques à venir. Ce que ne fond pas les autres dans leur rôles de majorité et d'opposition. C'est une bouffée d'oxygène et ça fait du bien.


Je le recommande car je lis les ouvrages d'hommes politiques de gauche comme de droite et je trouve que cette liberté de lecture est nécessaire pour se forger son propre opinion et que celui ci
se détache du lot et qu'il est au demeurant fort intéressant.


Après que l'on situe mal les Radicaux de Gauche sur l'échiquier politique est une réalité (cela pose la question des choix de la direction), mais sur le fond je ne vois pas le rapport avec
l'article du militant du parti que je suis qui donne un avis positif sur un livre d'un candidat d'un autre parti (Je l'ai déjà fais pour d'autres sans recevoir de critiques). Alors certes le
MODEM occupe une place prépondérante au centre-gauche en étouffant le PRG au passsage, mais je n'ai pas de haine particulière envers eux, ils fond bien leur job. Qu'ils soient de tendance
démocratie-chrétienne est une réalité historique, mais je ne rentrerai pas dans le jeu des laïcards... en bon laïque, je respecte leur droit de croyance tant qu'il ne porte pas une vision
religieuse à appliquer au politique. Et compte tenu du projet défendu dans ce livre pour l'éducation, je n'ai rien relevé de particulièrement choquant.


Pour conclure, je veux bien défendre uniquement les idées du PRG, mais faudrait-il ancore avoir un candidat PRG à soutenir. Je continue à regarder ailleurs car c'est bon pour la culture générale
et en politique il est bon de connaître ses adversaires comme ses partenaires.


Amitiés Radicales